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    Equinoxe

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    Guillaume
    En quête de slams
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    Nombre de messages : 48
    Date d'inscription : 06/06/2008

    Equinoxe

    Message par Guillaume le Ven 12 Nov - 12:53

    Sur la chaussée usée d'une digue de remblais,
    au pieds d'un phare dressé tout de grès vêtu,
    le chaland n'est plus voyant le chalut entrer,
    charriant son cortège de mouettes qui clament de leurs cris aigus,

    pourtant je suis un homme de la ville moi je viens de la foule,
    qui grouille dans les rues et frétillent au bout de la ligne,
    à la pêche aux bonnes affaires sans se méfier de la houle,
    qui balayent nos rêves d'or de silhouette longiligne,

    je m'arrête ou le temps se suspend face à l'astre d'Icare,
    au milieu des matelots et des forbans pour chercher ton regard,
    que le miroir d'argent le révèlerai au travers d'un reflet,
    cristallisé tel la magnétite prisonnière de son basalte figé,

    et les rubans d'Orient ondulent en roulant sur la sphère d'écume,
    les vents retombent en un soufflé comme obéissant à Neptune,
    la mer se retire et dévoile ses écueils teintées de colchique,
    l'équinoxe d'une fin d'été pourprée signe un instant fatidique,

    pourtant je suis un homme de la ville moi je viens de la foule,
    qui déambule accroché à leur sac arborant un air digne,
    une scène mainte fois répétée d'ailleurs la bobine se déroule,
    de moins en moins de marée humaine n'y voit on pas là un signe?

    Sur la chaussée usée d'une digue de remblais,
    au pieds d'un phare qui guide la marche hésitante des bateaux perdus,
    dont les proues viennent fendre l'eau de leur armature d'acier trempé,
    en quête d'un port d'attache ou pourrait se relier des histoires vécues,

    du large les mots s'échouent par vagues qui s'écrasent sur le rivage,
    alors je jette une bouteille à la mer pour un jour revoir ton visage,

    les souvenirs repartent parmi algues et poissons dans un tourmenté reflux,
    la marrée est meurtrière parfois une lame d'eau t'emporte en un coup d' couteau,
    des voiles opalins se mirent sur l'océan l'espace d'un oubli tu as disparu,
    toi mon frère des abysses à vingt mille lieux du Notilus du capitaine Némo,

    pourtant je suis un homme de la ville moi je viens de la foule,
    qui rêve de ne plus trinquer sous la coupe de la guigne,
    et par de là les falaises escarpées de cette terre teintée de rouille,
    cap vers le soleil dans un trois mats en longeant la grève j'en trépigne.

      La date/heure actuelle est Mar 17 Oct - 15:02